Jump to content

From Noumenapedia

Jean de La Ville de Mirmont

Template:Infobox Biographie2

Jean de La Ville de Mirmont (Yvon, Alexandre, Jean, pour l'état civil), né à Bordeaux le Template:Date de naissance et mort pour la France le 28 ou Template:Date de décès[1] à Verneuil sur le Chemin des Dames[2], est un poète et homme de lettres français.

vignette|alt=acte de naissance de jean de la ville de mirmont|Acte de naissance de Jean de La Ville de Mirmont.

Biographie

thumb|left|Plaque avec citation sur la rive droite de Bordeaux.

Le jeune poète et le fonctionnaire

Jean de La Ville de Mirmont est né dans une famille protestante bordelaise. C’était le fils d'Henri de La Ville de Mirmont et de Sophie Malan (connue sous son nom de plume de Madame de La Ville de Mirmont), qui eurent six enfants[3]. Son père, enseignant la littérature latine à la faculté des Lettres de Bordeaux reconnu pour ses traductions de Cicéron, fut conseiller municipal, adjoint au maire de Bordeaux.

En 1904, à 18 ans, Jean de La Ville entre à la Faculté des lettres de Bordeaux. Il en ressortira avec une licence. En 1906, il devance d'un an son appel sous les drapeaux. Il s'engage au [[57e régiment d'infanterie|Template:57e régiment d'infanterie]][4]. Il découvre qu'il a un goût prononcé pour la vie militaire. Deux ans plus tard, il est réformé pour raison de santé[5].

En 1908, à 22 ans, Jean de La Ville monte à Paris ; il y prépare sans passion des concours administratifs. À partir de 1909, il se lie d'amitié dans la capitale avec François Mauriac. Les deux jeunes hommes avaient suivi les mêmes cours à la Faculté de Bordeaux mais étaient restés à distance l'un de l'autre. Trente ans plus tard, dans son livre La rencontre avec Barrès, François Mauriac explique que, dans sa jeunesse, « deux Frances partout s'affrontaient », l'une de gauche, laïque, l'autre de droite (la sienne), catholique. Il constatait, sur les bancs de la Faculté, que Jean n'avait pas grandi dans la même France que lui. Mais Mauriac précise aussitôt dans son texte : « J'étais sensible à sa grâce, à cet air d'enfance qu'il avait gardé ; pourtant je n'osais aller au-delà des poignées de mains et des propos ordinaires. Paris devait nous réunir[6]. » En effet, une franche amitié se noue entre les deux jeunes hommes, l'un et l'autre férus de littérature et s'adonnant à l'écriture. C'est Jean de La Ville qui inspire à François Mauriac le titre de son premier recueil de vers Les Mains jointes[7]. « Grand jeune homme svelte et élégant, aux cheveux noirs, au teint mat[8] », Jean de La Ville occupe un emploi de fonctionnaire à la préfecture de la Seine où il est chargé de l'assistance aux vieillards.

Entre 1912 et 1914, la vie parisienne de Jean de La Ville est doublée d'une intense créativité littéraire. Il écrit des poèmes et publie des contes dans des revues d'avant-guerre. Il rédige un court roman, Les dimanches de Jean Dézert, qu'il fait imprimer au début de 1914. Mais les événements, à l'approche de la guerre, vont l'amener à devoir cesser son activité littéraire.

Entre 1911 et 1914, lors de sa vie dans la capitale, Jean de La Ville a vécu au n°8 du Quai d'Orléans. Aujourd'hui une plaque commémorative a été apposée sur la façade[9].

Le sergent à la guerre

Jean de La Ville de Mirmont écrit à ses parents, à la fin du mois de juillet 1914, qu'il est résolu à s'engager s'il ne peut pas rentrer dans la réserve avec son ancien grade. Il se présente devant les bureaux de recrutement[10]. Dans un premier temps, il est refusé pour cause de vue trop basse et de trop grande maigreur. Début septembre, il est finalement mobilisé et il est rattaché, avec le grade de sergent, au [[57e régiment d'infanterie de ligne|Template:57e d'infanterie]] de Libourne. Pendant les quelques jours où il est tenu de séjourner dans cette ville, sa mère vient lui rendre visite plusieurs fois[11].

Le 26 septembre 1914, le régiment part vers le front dans des wagons à bestiaux. Dans cette période, Jean de La Ville tient un carnet de route. Dans le courant du mois d'octobre, sa compagnie est soumise à l'épreuve du feu. Mais Jean, fier de servir sa patrie, affiche dans les lettres qu'il envoie régulièrement à ses parents un excellent moral et une bonne santé. Il y fait part de sa transformation physique : il est {{citation}}: Empty citation (help) et se qualifie d'« être sauvage et rude (...), couvert de boue[12] ». Jamais il ne se plaint, ce destin ayant pour lui un sens. Mais, à l'instar de tous les soldats qui l'entourent, l'idée de la mort, qu'il semble ne pas redouter, ne le quitte plus. Dans la toute dernière lettre à sa mère, il écrit : « Au fond, je suis le plus heureux de vous tous car, si je suis emporté, j'espère ne pas même m'en apercevoir[13]. »

Quatre jours plus tard, le 28 novembre, il meurt, enseveli par un obus sur le Chemin des Dames. On retrouve sur lui un morceau de papier sur lequel il est écrit : « Si je meurs, faire dire à ma mère que ma dernière pensée aura été pour elle[14]. » En 1920 son corps est exhumé puis rapatrié de l'Aisne par sa famille; il repose dans le caveau familial H.42 du cimetière protestant de la rue Judaïque à Bordeaux.

Œuvres

Jean de La Ville de Mirmont est un poète post-romantique, influencé par Baudelaire et Laforgue, qui chante la mer et les vaisseaux, l'ennui du port désert de Bordeaux et ses « rêves de grands départs inassouvis ».

Notes et références

  1. ↑ La fiche de l'armée mentionne bien le 29 novembre, des autres sources le 28. Voir aussi cette discussion sur la date de décès de Jean de La Ville de Mirmont.
  2. ↑
    1. REDIRECT Template:Cite web/French
    • From a page move: This is a redirect from a page that has been moved (renamed). This page was kept as a redirect to avoid breaking links, both internal and external, that may have been made to the old page name.
    .
  3. ↑ Jean était le dernier des quatre fils. (Lettre de Sophie de la Ville de Mirmont, du 12 juin 1922).
  4. ↑ Jean de La Ville de Mirmont, Lettres de guerre, préface d'André Le Breton, Imprimerie Gounouilhou, Bordeaux, 1917, p. 6.
  5. ↑ Jean de La Ville de Mirmont, Les dimanches de Jean Dézert, préface de Jacques Sargos, L'Horizon Chimérique, Bordeaux, 1989, p. 13.
  6. ↑ François Mauriac, La rencontre avec Barrès (1945), La Table ronde, Paris, 1994, p. 47.
  7. ↑ François Mauriac, La rencontre avec Barrès, p. 52.
  8. ↑ Jean de La Ville de Mirmont, Lettres de guerre, préface, p. 6.
  9. ↑ https://www.hmdb.org/Photos6/670/Photo670797.jpg?89202220300PM
  10. ↑ Lettres de guerre, lettre du 28 juillet 1914, p. 10.
  11. ↑ Lettres de guerre, p. 62.
  12. ↑ Lettres de guerre, lettre du 26 octobre 1914, p. 97.
  13. ↑ Lettres de guerre, lettre du 24 novembre 1914, p. 122.
  14. ↑ Lettres de guerre, p. 87.
  15. ↑
    1. REDIRECT Template:Cite web/French
    • From a page move: This is a redirect from a page that has been moved (renamed). This page was kept as a redirect to avoid breaking links, both internal and external, that may have been made to the old page name.
  16. ↑
    1. REDIRECT Template:Cite web/French
    • From a page move: This is a redirect from a page that has been moved (renamed). This page was kept as a redirect to avoid breaking links, both internal and external, that may have been made to the old page name.

Voir aussi

Lua error in Module:Sister_project_links at line 376: attempt to index field 'wikibase' (a nil value).

Bibliographie

  • « Jean de la Ville de Mirmont, voyageur de troisième classe », in Patrice Delbourg, Les Désemparés - 53 portraits d'écrivains, Le Castor Astral, 1996
  •  Le jeune homme éternel », article de Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur du 26 juin 2008, p. 94
  • Mathieu Larnaudie, Strangulation, Gallimard, 2008 Template:Retrait
  • Jérôme Garcin, Bleus horizons, Gallimard, 2013 Template:Retrait
  • « Les départs inassouvis de Jean de La Ville de Mirmont (1886-1914) », article de Jean-Noël Cordier, revue de l'AMOPA, n° 207, janvier, février, mars 2015, p. 5-8
  • Cyril Piroux, Le Roman de l'employé de bureau ou l'art de faire un livre sur (presque) rien, Éditions universitaires de Dijon, coll. « Écritures », 2015
  1. REDIRECT Template:Cite book/French

Liens externes

Template:Liens

Lua error in mw.title.lua at line 359: bad argument #2 to 'title.new' (unrecognized namespace name 'Portal').


Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Poète français du XXe siècle Catégorie:Militaire français mort au combat lors de la Première Guerre mondiale Catégorie:Mort pour la France Catégorie:Naissance à Bordeaux Catégorie:Naissance en décembre 1886 Catégorie:Décès en novembre 1914 Catégorie:Décès à 27 ans Catégorie:Décès dans l'Aisne Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière protestant de Bordeaux